{"id":43559,"date":"2016-12-12T18:53:00","date_gmt":"2016-12-12T23:53:00","guid":{"rendered":"https:\/\/groupeagf.com\/fr\/le-reseau\/non-classifiee\/30-km-plus-tard"},"modified":"2024-05-07T15:26:06","modified_gmt":"2024-05-07T19:26:06","slug":"30-km-plus-tard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/groupeagf.com\/fr\/le-reseau\/interet-general\/30-km-plus-tard","title":{"rendered":"30 km plus tard"},"content":{"rendered":"<div>\n<p><strong>25 septembre 2016, 5h10 am<\/strong><\/p>\n<p>Mon r&eacute;veil sonne, la maison est bien silencieuse. Mes filles ont fait dodo chez leur tante Caro. Mon mari est parti pour la chasse. Je suis donc seule avec moi-m&ecirc;me pour finaliser mes pr&eacute;paratifs avant d&rsquo;affronter le plus gros d&eacute;fi de course que je me suis lanc&eacute;e depuis que je cours, soit ma 3<sup>e<\/sup> ann&eacute;e. 5h27 je prends le temps de publier un statut Facebook, et r&eacute;alise qu&rsquo;il ne me reste que quelques heures.<\/p>\n<p><strong>5h36<\/strong> une conversation ouverte depuis le d&eacute;but des Roses avec trois nouvelles amies cyclistes (M&eacute;lany, Val&eacute;rie et Lili) qui ont affront&eacute; le d&eacute;fi du parc la veille d&eacute;bute la journ&eacute;e avec moi. On veut &ecirc;tre certaine que personne n&rsquo;oublie rien.<\/p>\n<p><strong>6h10 <\/strong>on prend la route vers Le parc de la Mauricie. Je suis surprise de ne pas ressentir de stress, je suis pr&ecirc;te. Je m&rsquo;entra&icirc;ne depuis plus de 9 mois pour r&eacute;aliser ce d&eacute;fi. M&ecirc;me si rien n&rsquo;a &eacute;t&eacute; facile et s&ucirc;rement ma pire saison d&rsquo;entrainement, je suis pr&ecirc;te.<\/p>\n<p>Sur place, on essaie de se r&eacute;chauffer du mieux qu&rsquo;on peut sous la tente pr&egrave;s d&rsquo;une bouche d&rsquo;a&eacute;ration chaude. On attend de se rendre &agrave; la ligne de d&eacute;part pour prendre la fameuse photo officielle. Il est <strong>8h20<\/strong>. On nous place, les coureuses devant et les cyclistes derri&egrave;re. On nous remet &agrave; toutes une rose, gracieuset&eacute; de Rythme FM, avec l&rsquo;inscription &laquo; Il &eacute;tait une histoire, votre histoire. Il &eacute;tait un d&eacute;passement, le v&ocirc;tre. Il &eacute;tait une r&eacute;ussite, une victoire. &raquo;<\/p>\n<p>&Agrave; la lecture de ce texte, ma petite voix se demande pourquoi je suis l&agrave; ! Pourquoi courir 30 km dans le bois, quand j&rsquo;ai eu peine &agrave; faire 10 km la semaine d&rsquo;avant. Pourquoi je m&rsquo;embarque toujours dans des affaires folles de m&ecirc;me. C&rsquo;est l&rsquo;orgueil ! C&rsquo;est le d&eacute;fi ! Parce que mon p&egrave;re m&rsquo;a toujours dit pas capable, c&rsquo;est mort. Je d&eacute;cide donc de dire &agrave; ma petite voix &laquo; TA YEULE &raquo; comme on nous a si bien appris dans les ROSES. On prend quelques clich&eacute;s de groupe et ensuite on demande aux cyclistes de se retirer pour faire la photo des Roses 30 km. OUF ! Nous ne sommes pas beaucoup. C&rsquo;est &agrave; ce moment pr&eacute;cis en regardant tout le monde que j&rsquo;angoisse, mais comme je n&rsquo;ai aucune graine de comp&eacute;tition, je me dis je finirai bonne derni&egrave;re !<\/p>\n<p><strong>Il est pr&egrave;s de 8h30<\/strong>, nous devons commencer notre &eacute;chauffement avec Maxime &agrave; 8h45. Le temps de se rendre &agrave; la voiture retirer mon manteau, mon chandail et je cours joindre notre petit groupe. <strong>9h00<\/strong> on est sur la ligne de d&eacute;part. On prend une derni&egrave;re photo ma mentor Marie et moi. Je prends les messages re&ccedil;us et absorbe toute l&rsquo;&eacute;nergie qui s&rsquo;en d&eacute;coule. Je pense &agrave; Annick qui court d&eacute;j&agrave; sur son premier marathon. Je me dis, wow 42 km. M&eacute;chante malade. J&rsquo;inspire et je me dis que je l&rsquo;accompagnerai mentalement durant 30 km. C&rsquo;est une machine, elle est capable. On lance le d&eacute;part du 40 km V&eacute;lo de montagne. On s&rsquo;agite il reste 10 minutes avant notre d&eacute;part.<\/p>\n<p>On sautille sur place, j&rsquo;ai les fourmis dans les jambes. Du coin de l&rsquo;&oelig;il, je vois M&eacute;lany, Val&eacute;rie et Lili qui ont r&eacute;alis&eacute; le 105 km &agrave; v&eacute;lo la veille et qui sont l&agrave; pour m&rsquo;encourager ! Un sourire et le d&eacute;compte des 10 derni&egrave;res secondes retentissent !<\/p>\n<p><strong>C&rsquo;est parti !<\/strong><\/p>\n<p>Apr&egrave;s 2 km, je suis d&eacute;j&agrave; oblig&eacute;e de mettre ma musique afin de faire abstraction des autres autour de moi. Je dois trouver mon rythme. Je m&rsquo;&eacute;tais fix&eacute; un rythme de 7:30\/km afin de r&eacute;aliser le tout en 3h45. J&rsquo;en suis &agrave; 6:12, je suis confortable. On commence les c&ocirc;tes doucement pour se rendre au Lac Isa&iuml;e. Je dois r&eacute;duire mon rythme, car je sais que les c&ocirc;tes augmenteront en fr&eacute;quence et aussi en d&eacute;nivel&eacute; positif.&nbsp;&nbsp; Il y a aussi la c&ocirc;te pour monter au Wabenaki qui se situe environ au 10e km.<\/p>\n<p>Rendu au point de ravitaillement du 10,5 km, je prends le temps d&rsquo;arr&ecirc;ter. Je prends du fromage, du sirop d&rsquo;&eacute;rable et du Gatorade. J&rsquo;&eacute;change quelques phrases avec les guides et une coureuse qui s&rsquo;est aussi arr&ecirc;t&eacute;e. Je mentionne que c&rsquo;est ici la FAMEUSE c&ocirc;te et les deux b&eacute;n&eacute;voles s&rsquo;empressent de me dire que non ce n&rsquo;est pas si pire, ils sont mont&eacute;s en VTT tout &agrave; l&rsquo;heure. Je repars et en discutant avec la coureuse qui m&rsquo;explique que son conjoint arrive de faire le Harricana la semaine d&rsquo;avant soit 65 km en montagne. Et nous travaillons fort pour la c&ocirc;te, j&rsquo;abandonne en me disant tabarouette ils ne savent pas c&rsquo;est quoi une c&ocirc;te. Je grimpe &agrave; la marche, mais je marche d&rsquo;un pas rapide. Je suis f&acirc;ch&eacute;e et je commence d&eacute;j&agrave; &agrave; me traiter de tarte ! Je d&eacute;gourdis ma jambe qui me fait souffrir depuis le d&eacute;but de la saison.&nbsp;&nbsp; En haut de la c&ocirc;te, j&rsquo;aper&ccedil;ois le 14<sup>e<\/sup> KM. Il reste une boucle de 4 km pour faire volte-face et retourner &agrave; la ligne d&rsquo;arriv&eacute;e. Point de ravitaillement je ne suis plus capable du sirop d&rsquo;&eacute;rable et du Gatorade &agrave; l&rsquo;orange. Je prends donc une poign&eacute;e de bretzels et une banane (beau m&eacute;lange !). Au bout, j&rsquo;atteins le chalet Marie et j&rsquo;y vois Marie ma mentor, avec une autre coureuse. Quelle joie ! On fait volte-face ensemble. Nous franchissons le 21<sup>e<\/sup> km apr&egrave;s 2h32. Je suis heureuse. Je r&eacute;alise que m&ecirc;me en marchant dans les c&ocirc;tes je suis dans les m&ecirc;mes temps que lors de mon demi-marathon de l&rsquo;automne dernier compl&eacute;t&eacute; en 2h24.<\/p>\n<p>Je d&eacute;vale les grosses c&ocirc;tes, j&rsquo;adore descendre. Il reste 9 km se sera la fin. Au 24<sup>e<\/sup> km j&rsquo;arr&ecirc;te au point de ravitaillement, avec Marie et nous attendons l&rsquo;autre coureuse qui doit faire une pause toilette. OUTCH ! J&rsquo;ai un nerf sur le c&ocirc;t&eacute; du genou gauche qui sautille et qui me fait souffrir. Je prends la d&eacute;cision de repartir et de m&rsquo;arr&ecirc;ter le moins possible. Je me soignerai &agrave; l&rsquo;arriv&eacute;e. Ce furent les cinq&nbsp;derniers kilom&egrave;tres les plus interminables. Je ne sens plus mes orteils, je me surprends m&ecirc;me &agrave; me demander si elles sont toujours l&agrave;. Il reste au moins deux&nbsp;c&ocirc;tes. Malheur, je commence &agrave; croiser des Roses qui sont &agrave; notre rencontre pour nous encourager sur les derniers kilom&egrave;tres. Je me retrouve au pied la c&ocirc;te, je suis incapable de courir. J&rsquo;attends crier et applaudir, tout le monde encourage. Moi! Je me dis : &laquo; Je ne suis pas capable de la monter en courant, je capote! &raquo; On vient &agrave; ma rencontre et on me dit l&acirc;che pas tu es fantastique ton d&eacute;fi au bout &agrave; ta fa&ccedil;on. J&rsquo;ai un regain, elles ont bien raison. Je grimpe le reste de la c&ocirc;te en courant. Il me reste 2 km !<\/p>\n<p>De 28 &agrave; 30 km, je commence &agrave; me r&eacute;p&eacute;ter mon mantra : Tu n&rsquo;as pas mal, tu n&rsquo;as pas mal ! Vas-y. Je pense &agrave; ma famille, mon chum qui croit en moi depuis le d&eacute;but, mes filles qui ont h&acirc;te de me voir revenir. Je pense &agrave; toutes les filles du groupe un pied apr&egrave;s l&rsquo;autre, mon amie C&eacute;line qui me supporte toujours autant, mais la voix qui est plus forte c&rsquo;est celle de notre marathonienne, ma ch&egrave;re Annick qui me crie &agrave; tue-t&ecirc;te : ENWAILLE il reste 300 m&egrave;tres, tu donnes tout ce que tu as.<\/p>\n<p>Je l&rsquo;aime moins cette fois-ci!&nbsp;Mes jambes ne savent plus la hauteur qu&rsquo;elles doivent lever pour &eacute;viter de s&rsquo;enfarger dans le tapis du chrono.&nbsp;Je franchis la ligne d&rsquo;arriv&eacute;e. On m&rsquo;attrape au vol et on me demande de me retourner pour prendre ma photo.&nbsp;J&rsquo;ai M&eacute;lany, Val&eacute;rie et Lili qui m&rsquo;attendent les yeux remplis d&rsquo;eau.<\/p>\n<p>Sentiment de fiert&eacute;! J&rsquo;adore courir!<\/p>\n<p>Prochain d&eacute;fi ?<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" alt=\"\" src=\"https:\/\/groupeagf.com\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Les_roses-6.jpg\" style=\"height:331px; width:500px\" title=\"\"><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>25 septembre 2016, 5h10 am Mon r&eacute;veil sonne, la maison est bien silencieuse. 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